Boddhisattva et Tathagatha

Boddhisattva
Tathagatha

 

Le boddhisattva est un être (sattva) de "bonté merveilleuse" qui renonce à la libération définitive (parvenu au Nirvana, il reste dans le samsara, pour aider l'ensemble des hommes à trouver leur délivrance. (Dans le bouddhisme tibétain on peut prononcer le voeu du boddhisattva). En ce sens, le boddhisattva, être de pure compassion, s'oppose à l'arhat qui, dans la doctrine du Theravada (bouddhisme primitif) a pour aspiration son salut propre.

Le bodhisattva n'a plus comme but ultime de se libérer des réincarnations, mais il recherche la boddhi suprême, c'est à dire la compréhension parfaite de la vérité, en s'efforçant de porter à la perfection (paramita) la pratique des dons (dana) et de la sagesse (prajna), durant de nombreuses existences.

 

Un véritable culte est rendu aux bodhisattva principaux :

1- Avalokiteshvara (Chenzérig en tibétain). "Celui qui regarde vers le bas avec compassion". Il représente la compassion d'Amitabha. Quand il tient un lotus et un rosaire, on l'appelle Padmapani.

2- Vajrapani le "porteur de vajra".

3- Maitreya "Celui qui aime". Il a le teint doré, est coiffé d'une couronne ou d'un diadème, avec souvent un stupa dans la coiffure. Il tient un lotus ou un flacon d'ambroisie.

4- Samantabhadra "L'Auspicieux".

5- Manjushri "A l'éclat charmant". Toujours jeune, il porte le glaive, avec lequel il tranche l'ignorance, et le livre de la Prajnaparamita Sutra.

6- Kshitigarbha "qui a la terre pour matrice".

7- Mahasthamaprapta "celui qui a acquis une grande force"

8- Vajrasattva qui tient le vajra et le gantha

Les bodhisattva ont toujours la contenance et l'ajustement princier : parés de bijoux, (treize ornements en prinicipe, dont collier, bracelets, boucles d'oreille, ceinture...) ils portent le pagne, le diadème, quelque fois le cordon brahmanique. Ils sont souvent représentés assis, dans les attitudes "d'aisance" ou de "délassement royal" (une jambe repliée sur le siège, l'autre pendante). Une grande finesse, et une apparence féminine les caractérisent. Souvent ils tiennent un lotus de la main droite. Ils ont un haut chignon et l'urna sur le front. Dans leur coiffure, ils peuvent porter l'effigie du Jina dont ils sont l'émanation (ex : Avalokiteshvara porte l'effigie d'Amitabha).

 

 

Correspondant à une extension de l'idée d'agrégat, les Jina répondent à la tentation permanente du bouddhisme mahayana de compenser l'austérité de la doctrine primitive. Ils ont une localisation cosmique dans le mandala et une localisation spécifique dans le corps humain. Ils peuvent être bénéfiques ou terribles. Ils ont aussi une formule (mantra) et correspondent chacun à un élément et à un sens et sont objets de culte à partir de 750 ap. J.-C.

voir Tableau


Avalokiteshvara (Chenresig en tibétain)

 

 

 

 

 

 

 

Dans le Lukhang, temple tantrique du Dalaï Lama à Lhassa, une représentation symbolique du boddhisattva, "passeur d'âmes"